Ce qui frappe d’emblée dans la poésie d’Aura Fallu (Manuel Mineau), c’est la précision, la force claire de l’expression. Les images y sont fortes, énergiques ; la révolte y est présente, presque désespérée mais ouverte à tous les possibles. L’auteur a beaucoup lu et sait se battre, pour la poésie, pour la beauté du mot bien choisi. Son amour de la langue est contagieux.
Né le 13 mai 1992 à Montréal de parents éditeurs, Manuel Mineau est noyé dans les livres dès ses premiers balbutiements. Il s’intéresse rapidement à la poésie. Il rejoint le collectif d’édition La Jachère. Il aide Gaëtan Dostie pour sa Médiathèque littéraire. Il apprend les métiers d’imprimeur et de relieur et fonde la librairie/imprimerie La Passe dont il demeure le principal animateur. Il y a publié ses recueils À recoudre du bout des doigts l’haleine des jours, Hors et Une connaissance du vertige sous le nom de Aura Fallu. Noyade est son premier livre chez L’Oie de Cravan.
Poèmes sous une gravure de l’auteur.
Novembre 2016
C’est une poésie en mouvement qui nous fait tanguer. Nous sommes ballottés par la vague des mots. C’est comme si la mer faisait une danse torturée, féroce et acharnée. On sent la colère, le bruit de l’eau. Il y a une espèce d’agitation, un mouvement rapide et brutal. Mais, tout finit par se calmer. On se laisse aller à cette douceur du beau. Tout ce qu’il faut, c’est apprendre à se laisser couler, prendre une grande respiration avant de s’enfoncer. On finit par être englouti et on flotte dans une sensation d’apesanteur. « Il y a la mer il y a le reste/je ne suis pas seul/et pourtant les coquillages/coupent toujours./Les méduses m’ont attendu/il faudra oublier/le plus faisable/et plonger au fond/de ce qui reste. »
L’Oie de Cravan
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H2S 2E1
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